Le chien qui aboie : Causes et solutions

Les professionnels canins sont souvent appelés pour un problème de chien qui aboie trop. Quand cette difficulté existe, elle complique considérablement la vie avec son animal.

Le sujet des aboiements est complexe et difficile à cerner. La race peut jouer un rôle mais l’aboiement est le mode privilégié par le chien pour communiquer ses intentions et ses émotions.

Des solutions existent et des techniques éprouvées peuvent être mises en œuvre. Il faudra d’abord chercher à comprendre les causes des aboiements puis choisir la ou les solutions les mieux adaptées.


Causes et solutions sont évoquées dans le détail dans cet article.
Un bonus à télécharger vous est offert en fin d'article pour vous donner une vision plus globale des causes et solutions.

Un chien aboie et c’est normal

Même si les aboiements de votre chien (ou de celui du voisin) vous posent problème, il faut toujours garder en tête qu’il s’agit d’un mode de communication naturel et normal.

Nous parlons, rions, crions, pleurons. Le chien aboie, couine, gémit, hurle…

Nous ne supprimerons pas tous les aboiements de notre loulou et ne devons pas chercher à les supprimer (imaginez que l’on vous coupe les cordes vocales !)

Mais il est vrai qu’un chien qui aboie beaucoup est très pénible à vivre. Les vocalises de notre compagnon canin peuvent être tellement excessives que nous n’en pouvons plus ou que ce soit notre voisinage qui réclame du calme.

Les problèmes de voisinage sont à prendre très au sérieux. Un chien qui aboie la nuit peut provoquer un appel aux forces de l’ordre pour tapage nocturne. Et pour un chien qui aboie toute la journée, la notion de nuisance sonore peut être invoquée pour aller jusqu’à la confiscation de l’animal.

Les dispositions légales sont rassemblées dans les articles R1337-6 et suivants du Code de la Santé publique.

Une question de race ?

En utilisant  le chien pour l’assister dans sa vie quotidienne, l’homme s’est attaché à développer les qualités qu’il en attendait. Certaines races ont ainsi été sélectionnées et travaillées pour obtenir des individus compétents en communication sonore.

Même si la plupart de ces chiens sont aujourd’hui devenus des animaux de compagnie, ils gardent une trace génétique souvent forte, les prédisposant à aboyer facilement.

Bien entendu, il n’y a pas de fatalité. La génétique joue un rôle mais également l’environnement de l’animal, ses conditions de vie, ses expériences passées. L’instinct n’explique pas tout chez le chien qui aboie beaucoup.

Aussi, un individu d’une race réputée aboyeuse peut être très calme tandis qu’un autre sera bruyant alors qu’il ne semblait pas particulièrement prédisposé aux aboiements.

On peut cependant noter qu’il existe des races de chiens qui aboient plus que la moyenne :

  • Les chiens de protection (bergers pour la plupart mais aussi bouviers ou molosses) ont été sélectionnés et utilisés pour la protection du bétail, des biens et des personnes. Ces fonctions ont fait d’eux des aboyeurs professionnels 😊 !
  • Les chiens de chasse sont très souvent aboyeurs particulièrement les terriers et les chiens courants (Beagle par exemple). Encore une fois, ce sont leurs fonctions initiales qui sont à l’origine de ces prédispositions. Les chiens « rapporteurs » comme le golden ou le labrador ou les chiens d’arrêt comme le pointer ou l’épagneul, sont moins sujets aux vocalises.
  • Les petits terriers ont été travaillés et utilisés pour bloquer leurs proies dans leur terrier tout en aboyant pour prévenir le chasseur. Rien d’étonnant à ce qu’ils en aient gardé l’instinct…
  • Enfin, les chiens de compagnie de petite taille présentent fréquemment des tendances anxieuses se manifestant par des aboiements fréquents et aigus, particulièrement pénibles.

A l’inverse certaines races de chiens sont plutôt silencieuses, la palme revenant au Basenji, chien qui n’aboie pas mais émet des sons différents selon ses émotions (si vous fermez les yeux en écoutant cette vidéo, vous penserez parfois avoir à faire à un chat ou à un loup 😊

Prédisposé ou non, un chien qui aboie de façon excessive est toujours difficile à supporter.

Heureusement il existe des solutions.

Mais auparavant, il faut trouver la ou les principales raisons pour lesquelles votre chien aboie.

Pourquoi le chien aboie : identifier les causes

Le chien n’aboie jamais pour rien

De façon générale, l’aboiement poursuit le même but que tout autre comportement : obtenir ou éviter.

Mais il est aussi important de savoir que certains comportements sont dits autorenforçants dans la mesure où leur production fait du bien au chien. Les aboiements font partie de ces comportements.  Le chien qui aboie peut y trouver du plaisir ou du soulagement. Il produit alors des vocalises dans le seul but de se faire du bien !

Il arrive souvent que l’on ne parvienne pas à identifier pourquoi le chien aboie. Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de raison.

Imaginons que tout est calme et que votre loulou est tranquille dans son panier. Soudain, il relève la tête pour pousser quelques vocalises puis reprend sa position de détente comme si de rien n’était. Le 1er réflexe est de penser qu’il a aboyé sans raison.

Mais peut-être a-t-il entendu un bruit non perceptible à nos oreilles ou il a ressenti le besoin d’expulser une émotion ou encore il « parle tout seul »… Il y a une raison, acceptons de ne pas toujours la comprendre.

Les différentes sortes d’aboiements 

Comme tout comportement, il est vain d’établir une classification rigide permettant d’affirmer : « mon chien aboie comme ceci, ça veut dire cela ». Ce serait bien trop simple.

On peut cependant ranger les aboiements en deux grandes catégories.

  • Ceux qui expriment une communication
  • Ceux qui manifestent une émotion

Comme on sait qu’il y a toujours une raison au fait que le chien aboie, on cherchera à déterminer pour chaque type de vocalises la cause et le but recherché.

Les aboiements de communication

L’alerte

Le chien qui aboie pour alerter veut prévenir que quelque chose se passe, que quelqu’un arrive. Ainsi, certains de nos animaux aboient dès que quelqu’un passe sous les fenêtres ou à chaque fois que la sonnette retentit.

Beaucoup de propriétaires souhaitent que leur chien donne l’alerte sans pour autant déclencher des vocalises de façon intempestive.

La cause est l’évènement déclencheur (le passant, l’invité), synonyme de danger pour le chien.

Les buts sont de prévenir les propriétaires et de faire partir l’intrus.

Généralement, l’aboiement d’alerte est d’une intensité assez forte et se produit par de longues séries entrecoupées de brèves pauses.

La demande d’attention

Lorsque votre compagnon souhaite votre attention (pour jouer, manger, sortir…) et que vous êtes occupé à autre chose, il est normal pour lui de donner de la voix. Pensez aux enfants qui sont toujours à interpeller « Maman ! », « Papa ! » 😄

L’évènement déclencheur de cet aboiement est donc le besoin ressenti par l’animal à ce moment là (faire pipi par exemple).

Le but est de satisfaire ce besoin (voir la porte s’ouvrir).

En fonction des habitudes acquises, les vocalises de demande d’attention peuvent être très pénibles. Les aboiements sont assez forts (Toutou veut être bien sûr que vous l’entendez !) et peuvent durer trèèèèès longtemps. Surtout si votre chien SAIT que vous finirez par obtempérer !

La frustration

Nous sommes là à la frontière entre communication et émotion. Je la range dans les besoins de communication parce que souvent, c’est à ses propriétaires que le chien qui aboie s’adresse lorsqu’il est frustré.

La cause est le fait de ne pas pouvoir obtenir quelque chose de souhaité (jouet qui a glissé sous un meuble, congénère ami derrière une vitre…).

Le but recherché est bien sûr l’accès à l’objet ou à l’être convoité.

L’aboiement de frustration est souvent aigu et accompagné d’agitation et/ou de regard fixé sur l’objectif. En général, on comprend assez facilement ce que le chien désire.

Les aboiements émotionnels

L’ennui

Le chien peut s’ennuyer pour différentes raisons. Les deux principales sont l’animal qui reste seul trop longtemps et celui dont les besoins ne sont pas satisfaits.

L’aboiement est souvent intense au début. Puis des pauses plus ou moins longues sont observées (notamment quand le chien finit par s’endormir) avant de recommencer. Vous ne vous en rendez peut-être pas compte jusqu’au jour où vos voisins vous apprennent que votre chien aboie toute la journée.

Le chien qui s’ennuie trop souvent ou trop longtemps peut finir par adopter un type de vocalises particulier pour se réconforter lui-même. Les aboiements traduisent alors une certaine résignation et c’est un sérieux signal d’alerte sur la santé émotionnelle du chien.

Lorsqu’il en est à ce stade, le chien aboie par séries (de 1 à 3 vocalises) entrecoupées de pauses. Le ton peut être assez bas (souvent plus « Wouff » que « Ouahh »).

L’irritation, la colère ou la peur

Ces aboiements se ressemblent et c’est plutôt par la posture du chien qui aboie que l’on déterminera l’émotion prévalente.

Le chien irrité ou en colère aura tendance à se projeter vers l’avant, le corps tendu, la queue droite et rigide.

Le chien qui a peur aura une attitude plus ramassée sur lui-même. La queue peut être rabattue entre les postérieurs, l’animal est plus dans le recul que dans la projection Il peut aussi faire des pauses en faisant mine de flairer autour de lui.

Le chien qui aboie sur des gens ou sur des congénères est fréquemment dans ce genre d’émotions.

Dans tous les cas, la cause est la présence d’un stimulus qui peut parfois être évident à trouver (présence de congénères face à un chien réactif par exemple) mais aussi être invisible pour l’humain comme une situation qui présente des similitudes avec une autre dans laquelle le chien a subi une mauvaise expérience (un chien qui un jour a eu peur d’une branche d’arbre tombée juste devant lui peut manifester de la peur lors d’une balade en forêt).

Le chien étant un animal qui évite le conflit, le but de ses aboiements sera de faire fuir l’individu antagoniste. Montrer les dents en faisant du bruit c’est être intimidant en exhibant ses armes.

Pour le chien ayant peur d’une situation, la logique sera la même. Sauf que la forêt ne reculera pas…

L’anxiété

C’est une émotion qui est différente de la peur car elle n’est pas directement reliée à un objet précis. Certains chiens sont anxieux de nature. Pour d’autres, l’anxiété apparaît dans certaines circonstances.

On en voit souvent la manifestation chez le chien qui n’aime pas rester seul ou qui ne veut pas voir sortir ses humains de référence. Bien sûr, les chiens souffrant d’anxiété de séparation sont concernés mais également bon nombre de toutous qui anticipent le manque à venir une fois leur humain parti.

D’autres chiens vont être sensibles aux modification atmosphériques, à un certain niveau de bruit ou d’agitation environnants, etc. 

Ainsi, l’anxiété peut recouvrir différentes formes. C’est pourquoi elle est particulièrement difficile à traiter.

Les aboiements d’anxiété font souvent partie de ceux que l’on ne comprend pas et pour lesquels on dit : mon chien aboie pour rien.

L’excitation

C’est un état émotionnel positif ou négatif mais toujours intense au cours duquel le chien ne maîtrise plus ses émotions. L’aboiement d’excitation s’accompagne souvent d’une grande agitation : saut, course, tournis…

Le chien qui aboie par excitation s’exprime de façon aigue, entrecoupé de petites pauses.

Très souvent les humains rient ou au contraire s’agacent, ce qui rajoute à l’excitation du chien et augmente l’intensité des aboiements.

Les causes de ces aboiements d’excitation peuvent être variées : chat qui passe, arrivée d’invités, perspective de sortie…

Leur but est souvent intrinsèque : le chien a besoin de se soulager de l’intense émotion qui s’est emparée de lui et les vocalises l’aident à atteindre ce soulagement.

Autres raisons

Pour terminer cette partie sur les raisons d’aboyer, on peut encore citer trois facteurs favorisants :

L’environnement : le chien qui vit dans un environnement bruyant ou agité aura plus souvent tendance à aboyer que celui qui est dans un milieu calme ;

Les habitudes : l’aboiement de circonstance peut se transformer en habitude. Le cas classique est celui du facteur qui s’arrête tous les jours au portail. Au début, le chien aboie pour alerter et peut-être aussi par irritation. Au fil du temps, le passage du facteur n’est plus un évènement mais le chien continue d’aboyer. Comme ça, par habitude…

Et enfin, nous-mêmes sommes souvent responsables de l’insistance que mettent nos chiens à aboyer. Eh oui ! A chaque fois que Snoopy aboie pour obtenir quelque chose et que nous lui répondons, nous validons ce mode d’expression. Même si nous sommes excédés et que nous crions « Mais tais-toi ! », nous lui aurons apporté de l’attention et donc il recommencera à la prochaine occasion !

Enfin, pour compliquer encore les choses, les aboiements de communication peuvent être dus à des émotions. Par exemple,  le chien qui alerte veut communiquer mais c’est peut-être parce que la situation l’inquiète. Ou parce que cela l’excite.

Vous n’avez pas retrouvé dans ces descriptions le comportement de votre chien qui est pourtant un sacré aboyeur ?

Comme toujours, il faut tenir compte que chaque chien est particulier, a son histoire et ses propres émotions. Un tel aboiera la nuit, un autre en voiture…

Mais dans presque tous les cas on trouvera une ou plusieurs des causes évoquées. Restera alors à s’adapter à ce chien en particulier.

On le voit, nos chiens sont parfois très difficiles à décoder.

C’est aussi ce qui rend la tâche compliquée quand nous décidons de nous attaquer au problème et entreprenons de rééduquer Toutou pour retrouver de la sérénité.

Avant d’aborder les techniques à pratiquer, je souhaite attirer votre attention sur la tentation d’utiliser des mesures coercitives pour rapidement amener son chien à se taire.

Les méthodes coercitives de rééducation

Tenter d’obliger un chien à se taire en utilisant la contrainte est une très mauvaise idée.

C’est une tentation à laquelle cèdent de nombreux propriétaires excédés par les aboiements de leur chien ou sous la pression du voisinage.

Différents moyens sont alors utilisés dont les plus fréquents sont:

  • Crier sur son chien pour qu’il se taise
  • Lui fermer le museau avec la main ou un objet
  • Donner des coups saccadés sur la laisse
  • Lui poser un collier (à air, à citronnelle, bip, vibreur, électrique)

Cependant, comme il a été vu précédemment, le chien qui aboie a toujours une raison pour émettre ses vocalises.

Même si nous ne parvenons pas toujours à l’identifier, l’aboiement est la réponse à une émotion et/ou à un besoin.

Si à chaque fois que cette émotion se manifeste, le chien est physiquement puni (même un bip à ses oreilles sensibles est une agression et encore plus s’il annonce une vibration ou un choc électrique derrière), certes il ne manifestera plus.

Mais à quel prix…

L’expression de l’émotion du chien sera inhibée mais l’émotion elle-même restera en lui sans possibilité de se soulager.

Ainsi, il accumulera de la frustration et à un moment ou à un autre, cette frustration s’extériorisera dans des comportements problématiques: agressivité, destructions, malpropreté… De punition en punition, le chien peut même finir par tomber dans un état dépressif ce qui est très trompeur pour les propriétaires qui pensent que leur animal a enfin « compris » alors qu’il est juste brisé.

Imaginez par exemple que le chien est en détresse lorsque son propriétaire s’absente. Les voisins n’en peuvent plus et menacent de porter plainte. Les propriétaires, ne sachant quoi faire, équipent leur animal d’un collier « d’éducation » qui va biper-vibrer-choquer.

Lorsque Toutou aura besoin d’extérioriser sa détresse, il sera puni physiquement. Alors oui, il se taira. Mais les effets sur sa santé mentale et émotionnelle seront désastreux. Et il est sûr qu’à un moment ou à un autre, toute cette émotion accumulée ressortira sous forme de comportements désagréables pour tous, voire dangereux.

Les propriétaires utilisant les méthodes coercitives voient peu à peu le comportement de leur chien se modifier dans le mauvais sens. Mais le lien entre la méthode « éducative » qu’ils ont employée et l’évolution de leur animal n’est généralement pas flagrant. En effet, les conséquences délétères des méthodes coercitives sont étalées dans le temps et non immédiatement consécutives. Et ces conséquences peuvent être bien pires que le comportement d’aboiement initial !

  • Ne croyez pas que le collier à jet d’air ou à la citronnelle est inoffensif : la truffe et l’odorat du chien sont d’une sensibilité extrême. Tout choc à cet endroit est très agressif pour l’animal
  • Ne vous dites pas « maintenant qu’il a compris, il cessera dès qu’il entendra le Bip du collier ». S’il a compris c’est qu’à un moment ce Bip a été suivi d’une vibration et/ou d’un choc douloureux. Donc ce Bip apparemment inoffensif rajoute de la peur au stress initial du chien
  • Sachez que le chien est un animal qui généralise très facilement. Tout évènement marquant est associé à son contexte. Par exemple, si vous frappez un chien qui aboie face à un congénère, vous lui apprenez que les congénères sont dangereux pour lui. Je vous laisse imaginer la suite… Donc, ne pensez-pas que votre chien ne vous associera pas à une punition à distance (collier) : il associera tout ce qui se trouve dans son environnement à la douleur qu’il ressentira et vous en faites partie
  • Vous devez être la personne de confiance de votre animal. Il doit pouvoir compter sur vous quand il éprouve un besoin ou une émotion difficile à gérer. Ne le trahissez pas.

En bref, si l’émotion qui fait aboyer le chien est augmentée d’une expérience de douleur ou de crainte si forte qu’elle inhibe l’aboiement, soyez sûr qu’un effet cocotte-minute est à l’œuvre et que d’une façon ou d’une autre, la soupape lâchera un jour.

Les préalables à la rééducation du chien qui aboie trop

Une fois que les causes ont été identifiées, il s’agit de réfléchir à la façon de procéder pour ramener le chien à un niveau d’expression vocale compatible avec la tranquillité de tous.

Si les aboiements traduisent un trop plein émotionnel, il faudra être prudent. La priorité sera de ramener l’animal à une émotion moins vive ou encore mieux, de modifier son émotion pour le rendre réceptif à nos demandes de silence.

Vérifier la santé et le confort du chien

Avant tout travail éducatif, assurez-vous que votre animal ne souffre d’aucune maladie, blessure ou inconfort qui pourraient justifier son recours aux vocalisations.

En cas de brusque modification de comportement, le mieux est de consulter un vétérinaire qui pourra mener les investigations nécessaires.

Mais parfois la solution est très simple. J’ai eu par exemple l’expérience d’un chien qui passait son temps à aboyer. Ses propriétaires étaient épuisés et en voulaient beaucoup à leur animal. Il s’agissait d’un Bouvier des Flandres aux yeux aveuglés par les poils.

Lorsque Monsieur Bouvier allait chez le toiletteur, ses yeux étaient dégagés mais très rapidement les poils repoussaient. Il était très frustré de cette cécité artificielle et compensait par des aboiements excessifs. Les propriétaires ne souhaitant pas couper les poils eux-mêmes, nous lui avons fait une petite queue pour lui dégager les yeux. L’amélioration a été immédiate👍 !

Travailler sur la durée

Au préalable, il faut bien observer son chien et :

  • Connaître les moments où il faut anticiper
  • Comprendre les raisons des aboiements et les buts poursuivis par l’animal
  • Repérer les situations déclenchantes

Faire cesser les aboiements excessifs est un travail difficile, long et contraignant. Il faut le savoir et l’accepter dès le départ.

Ce sera d’autant plus long que l’historique des aboiements sera ancien.

On a vu que le chien qui aboie se fait souvent du bien. Il n’a donc pas d’intérêt à cesser si on ne répond pas à son attente.

Toujours travailler hors situation

Ce n’est pas quand le chien aboie que vous devez agir. C’est avant, c’est quand il se tait et c’est en séance d’entraînement.

Quand le chien aboie hors séance d’entraînement, apprenez à ignorer les vocalises (c’est dur, je sais…)

Tant que la rééducation n’est pas terminée, il faut gérer l’environnement pour que le chien n’ait pas d’occasion de se déclencher hors situation de travail. Il faut avoir en tête que le chien régresse plus vite qu’il ne progresse !

Quelques exemples :

  • pour un chien qui aboie à la fenêtre, occulter cette fenêtre 
  • pour un chien qui aboie aux bruits, mettre un son couvrant ou un bruit blanc
  • pour le chien qui aboie sur la sonnette, la débrancher en dehors des entraînements  et prévenir les visiteurs d’envoyer un texto quand ils sont à la porte ou de frapper (même si le chien déclenche quand on frappe ce n’est pas très grave puisque c’est la sonnette qu’on désensibilise)
  • etc.

Si chien se déclenche malgré tout, il faut ignorer l’aboiement mais pas forcément le comportement qui va avec. Ainsi s’il veut se jeter sur un congénère en aboyant, il faut le retirer de la situation mais ne pas relever les aboiements.

Respectez les émotions de votre chien : il est très difficile de contrôler un animal submergé par ses émotions. Aussi, malgré tout le travail effectué, il peut arriver des situations où le chien ne peut gérer son « trop-plein » que par ses aboiements. Dans ces cas-là, il ne sert à rien de vouloir le faire taire. Il n’en est pas capable et toute action le forçant à s’arrêter ne fera que renforcer son stress.

Être attentif à ne pas renforcer les aboiements

Dans les causes des aboiements, je vous ai parlé du fait que bien malgré nous, nous encourageons notre chien à aboyer.

Si votre compagnon a pris l’habitude d’aboyer quand il veut sortir, il y a de fortes chances qu’il le fasse de plus en plus car en ouvrant la porte, vous cautionnez son comportement.

Si un jour vous décidez de ne plus obéir à votre chien, les aboiements deviennent si intenses et durent si longtemps que finalement vous lâchez prise et vous cédez. Le chien apprend alors qu’il a eu raison d’insister et l’espoir de vous voir céder encore le poussera à accentuer son comportement par la suite…

Il faut donc avoir conscience que rééduquer une habitude prise passera toujours par la production d’un pic dans le comportement avant que celui-ci ne décroisse puis finisse par disparaître.

Méthodes de rééducation efficaces et respectueuses

Améliorer le quotidien

Solution particulièrement adaptée aux causes suivantes : Demande d’attention – Ennui – Irritations et Peurs – Anxiété – Environnement mal adapté

Tout comme nous, le chien a des besoins d’activité essentiels qui doivent être satisfaits.

Imaginons 24h de notre vie de la façon suivante :

  • Nous passons 10 heures par jour enfermé dans une pièce avec à boire et à manger, un magazine (toujours le même) et un lit. Rien d’autre et personne près de nous.
  • 5 heures sont consacrées à regarder et écouter les membres du foyer vaquer à leurs occupations : se préparer, faire les devoirs et la cuisine, manger, regarder la télé… Pas de temps pour nous prêter attention.
  • Pendant 1 heure on s’occupe un peu de nous, de façon entrecoupée : sortie de 10’ le matin pour prendre l’air et sortie de 30’ le soir. 2 repas avalés en quelques minutes et un petit temps de jeux-câlins
  • Les 8 heures restantes, nous ne sommes pas physiquement seuls mais tout le monde dort. Les lumières sont éteintes et même notre magazine est rangé. Il n’y a rien à faire ou à voir…

Insupportable non ?

Et c’est pourtant la vie quotidienne de beaucoup de nos compagnons !

Chez le chien qui aboie beaucoup, on trouve souvent un niveau d’activité insuffisant.

Etudiez la vie de votre animal et vérifiez que les points suivants sont respectés :

  • Il sort tous les jours et au moins 1 heure consécutive (en dehors du jardin !)
  • Pendant ses sorties, il a le droit de flâner et flairer tant qu’il le souhaite. Dès que possible il est libre ou en longe longue et détendue
  • Vous lui gardez plusieurs moments pour jouer et se faire câliner (s’il aime ça)
  • Chaque jour, vous lui donnez des activités de réflexion : chercher un objet, comprendre un nouveau jeu, apprendre un tour, pister une odeur…
  • Il a toujours à sa disposition un objet à mastiquer (sabot, corne, bois de cerf…)
  • Il ne passe pas des journées entières seul sans voir personne (c’est parfois difficile avec nos modes de vie mais des solutions peuvent être étudiées)

Sur tous ces points, je vous propose la lecture de l’article Laisser son chien seul qui vous apportera davantage de détails.

Si vous venez d’accueillir un chiot, l’idéal est de tout de suite mettre en place les conditions favorables pour qu’il ne connaisse pas l’ennui excessif, qu’il n’ait pas besoin de crier pour attirer votre attention, qu’il soit suffisamment socialisé pour ne pas avoir peur des rencontres etc.

Anticiper

Solution adaptée à toutes les causes

Quand on a identifié les moments et les raisons où le chien va aboyer, on lui donne satisfaction ou on retire le problème avant qu’il ne produise le comportement.

Par exemple :

  • On a remarqué que Snoopy aboie sur son reflet qu’il aperçoit dans la vitre quand il commence à faire sombre : on tire les rideaux avant l’heure fatidique !
  • Si le chien a l’habitude d’aboyer pour qu’on lui ouvre la porte, lui ouvrir avant qu’il ne déclenche ses vocalises (repérer les signes qui précèdent).
  • Pour le chien qui aboie à tous les bruits quand vous êtes absent : mettre de la musique ou des bruits de fond qui vont masquer les autres bruits environnants : ventilateur, sèche-cheveux à basse intensité, machine à bruit blanc…

Eduquer

Solution particulièrement adaptée aux causes suivantes : Excitation – Mauvaises habitudes

Dès qu’on a un chien, il est bien sûr conseillé de l’éduquer à certaines règles.

Dans le cas du chien qui aboie trop, il faudra cibler les apprentissages selon ce que l’on souhaite.

Par exemple, on peut vouloir que le chien adopte un comportement incompatible avec le fait d’aboyer. S’il mange, il ne pourra pas aboyer en même temps. Donc, on peut lui apprendre à aller chercher un os à ronger quand la sonnette retentit.

Au chien qui est excité dans certaines situations, on peut apprendre à produire des petits tours. Ainsi, si Snoopy aboie comme un fou au moment où vous allez sortir sans lui, créez un petit rituel consistant à aller dans son panier (où il trouvera de bonnes choses à déguster !)

Pour le chien qui sonne l’alerte au moindre mouvement, il faudra lister les évènements pour lesquels vous souhaitez qu’il vous prévienne (quelqu’un s’arrête devant votre porte) et ceux où vous préférez qu’il se taise (quelqu’un passe devant votre porte). Vous lui apprendrez ensuite à faire la distinction.

Utiliser le rappel

Solution particulièrement adaptée aux causes suivantes : Alertes intempestives – frustration – Colère et Peur – Anxiété – Excitation

Quand le rappel est efficace chez le chien c’est qu’il a appris que revenir est plus motivant que continuer ce qu’il fait.

On peut donc utiliser cet ordre de rappel pour faire venir le chien vers soi et le faire taire.

Le rappel étant un apprentissage essentiel à enseigner au chien, vous ferez d’une pierre deux coups !

Travailler la gestion des émotions

Solution particulièrement adaptée aux causes suivantes : Alertes intempestives  – Frustration –Irritations et Peurs – Excitation – Environnement mal adapté

On appelle fréquemment « autocontrôles » le travail sur les émotions. Il s’agit d’entraîner le chien à garder son calme dans des situations excitantes.

Par exemple : votre chien se met dans tous ses états au moment de partir en balade : Vous attendez qu’il se taise (même une seconde pour reprendre son souffle) avant d’ouvrir. Peu à peu, vous attendez un tout petit peu plus etc.

Autre cas : Votre petit compagnon est tellement excité quand vous préparez son repas qu’il donne de la voix de façon assourdissante. Vous lui montrez sa gamelle et attendez qu’il se taise. Dès la première seconde de silence, vous descendez le plat. S’il se remet à aboyer, vous le remontez, etc. Comme pour la porte, vous augmentez progressivement le temps d’attente.

Le travail sur la gestion des émotions est toujours utile même pour les chiens qui n’aboient pas.

A titre d’exemple, cette vidéo vous montre comment apprendre à un chien à gérer son envie de friandise

Encourager les bons comportements 

Solution particulièrement adaptée aux causes suivantes : Demande d’attention – Mauvaises habitudes

Quand le chien n’aboie pas dans une circonstance où il aurait pu le faire, récompensez ce silence.

Par exemple, pour le chien qui aboie quand vous êtes à table : vous lui lancez des friandises quand il n’aboie pas

Ce travail est particulièrement indiqué :

  • pour les chiens qui ont tendance à aboyer souvent et pour toutes sortes de raisons que l’on ne peut pas forcément identifier clairement.
  • pour les chiens qui sont toujours en demande d’attention.

La méthode est la suivante :

De nombreuses fois par jour, appelez le chien pour jouer avec lui ou allez le voir alors qu’il est tranquille et offrez-lui de l’attention pendant 1 ou 2 minutes.

Faites ça plusieurs dizaines de fois par jour pendant au moins 1 mois (par exemple 50 fois par jour la première semaine puis 40 fois la semaine suivante puis 30 fois, 20 fois).

Lorsque le chien a compris qu’il obtient votre attention très fréquemment, il n’éprouvera plus le besoin de rappeler sa présence !

Bien sûr, vous relâcherez un peu le rythme à ce moment-là mais continuez à anticiper son besoin d’attention. Vous aussi vous en aurez pris l’habitude 😉 !

Détourner l’attention 

Solution particulièrement adaptée aux causes suivantes : Frustration – Excitation

Certaines personnes vous conseilleront la technique du détournement pour le chien qui a peur ou qui est irritable. Mais si vous détournez le chien du stimulus qui le stresse, vous ne réglez pas le problème et l’émotion stressante ressentie sera toujours présente.

Cette méthode est surtout utile lorsque les aboiements sont liés à de la frustration ou de l’excitation.

Si par exemple, votre compagnon veut récupérer sa balle sous le canapé et que vous n’avez pas envie de vous glisser en mode serpent pour aller lui chercher, vous pouvez lui proposer un jouet plus attractif qui lui fera oublier le premier.

Beaucoup de chiens s’excitent lorsque des invités arrivent : aboiements, sauts… La situation est parfois pénible à gérer. Plusieurs techniques peuvent être employées :

  • Demandez aux visiteurs de prévenir quand ils arrivent et mettez le chien en laisse. Au coup de sonnette, dirigez votre loulou sur son panier avec des friandises ou un objet à mastiquer.  Au bout de quelques fois, le chien va associer l’arrivée des invités avec les friandises et ira de lui-même à sa place. Une variante peut consister à garder le chien en laisse et à l’abreuver de friandises pendant que les invités entrent. Peu à peu, votre loulou assimilera cette situation à toutes les bonnes choses qui lui arrivent !
  • Sortez avec le chien avant l’arrivée des gens et revenez quand ils sont installés : a pour effet de supprimer l’excitation de l’arrivée
  • Accueillez les gens au dehors avec le chien en laisse

Désensibiliser et contre-conditionner

Solution particulièrement adaptée aux causes suivantes : Colère et Peur – Environnement mal adapté

Ces deux méthodes sont souvent employées de façon parallèle.

La désensibilisation consiste à rendre le chien indifférent à un stimulus qui le stressait.

Le contre-conditionnement lui apprend à aimer ce stimulus en l’associant à quelque chose d’agréable.

Par exemple, votre chien a peur de l’aspirateur et aboie dès que vous sortez l’appareil du placard.

Vous pouvez souhaiter le désensibiliser à cela. La procédure serait alors la suivante :

  • Laisser l’aspirateur dans la pièce de vie sans jamais le mettre en route
  • Une fois le chien habitué à sa présence, soulever le manche puis le reposer plusieurs fois par jour
  • Quand le chien ne réagit plus du tout, faire mine d’aspirer puis reposer plusieurs fois par jour
  • Mettre en route l’appareil au niveau de son le plus bas quand le chien est dans une autre pièce. Récompenser pendant tout le temps de production du son
  • Progressivement monter le niveau du son. Toujours récompenser
  • Reprendre les 2 étapes précédentes dans la pièce où se trouve le chien
  • Soulever puis reposer le manche avec le moteur en route
  • Aspirer pendant 5 secondes puis reposer
  • Etc.

Pendant tout le temps de la désensibilisation, on ne passe plus l’aspirateur en présence du chien dans la maison !

A la fin de ce travail, Snoopy sera désensibilisé (l’aspirateur ne l’effraiera plus) et contre-conditionné (il anticipera des friandises quand vous sortirez l’appareil et aimera donc ce moment).

Tout stimulus qui entraîne des émotions négatives chez le chien peut faire l’objet d’une désensibilisation cependant il faut être patient car c’est un travail souvent très long.

La désensibilisation est parfois beaucoup plus délicate que l’exemple de l’aspirateur décrit ci-dessus. Par exemple, si votre chien est très stressé lorsque vous sortez sans lui, il est possible de l’y habituer très progressivement, par petites touches, en cassant ses habitudes. Mais il s’agit là d’un travail long et délicat pour lequel l’aide d’un professionnel canin est fortement conseillée.

Cliquer (Le clicker)

Technique particulièrement adaptée aux causes suivantes : Demande d’attention –Colère et Peur – Anxiété – Mauvaises habitudes

Bien utilisé, le clicker est un outil très efficace pour la gestion des aboiements : l’idée est de cliquer puis de récompenser le chien quand il a le bon comportement (se taire) dans une situation où il a l’habitude d’aboyer.

Pour ceux qui ne connaissent pas, le clicker est un petit boîtier muni d’une languette métallique ou d’un bouton que l’on active pour produire un son bref et sec.

Son intérêt est que le son produit est toujours le même et ne correspond pas à un son habituel pour le chien. Ainsi, il ne peut pas le confondre avec un autre bruit. L’autre avantage est que ce son est dénué de toute émotion. Quand on dit « oui » ou « bien » au chien, on n’a pas toujours le même ton de voix. Le clicker lui, ne varie pas quelle que soit la situation.

Le clicker, un marqueur très précis

C’est ce qu’on appelle un marqueur : le chien apprend que lorsqu’il entend ce son c’est qu’il a eu le bon comportement et que la conséquence est agréable pour lui.

Si on préfère, on peut quand même remplacer cet instrument par un son de bouche ou un mot non utilisé par ailleurs. Mais l’efficacité peut être amoindrie.

Pour s’entraîner, on peut créer des situations dans lesquelles le chien a l’habitude d’aboyer.

Exemple : si Toutou aboie quand il entend d’autres chiens : Vous enregistrez des aboiements de chiens entrecoupés de pauses assez longues. Quand Toutou entendra le chien enregistré il aboiera et lors de la pause, il se taira. Là, vous cliquez et récompensez.

On peut également apprendre au chien à aboyer sur commande puis à se taire. Cela permet de travailler le silence. Attention, cet apprentissage est délicat pour ne pas créer de chaîne de comportement où le chien aboie pour se taire ensuite et avoir sa récompense.

L’idée est de lui faire comprendre que le CLIC récompense le bon comportement qui est de se taire (et non pas ‘ne-pas-aboyer’). Une fois le concept compris par le chien, le clic ne devra intervenir que par anticipation de la situation. Si le chien aboie malgré tout, on ignorera le comportement.

Punir

Solution particulièrement adaptée aux causes suivantes : Demande d’attention –Mauvaises habitudes – Historique de renforcement

Bien sûr, il ne s’agit pas ici de crier sur le chien ni d’exercer une douleur physique ou morale.

Il arrive que, malgré tout le travail mené, votre animal ait des « quintes d’aboiements » que rien ne semble vouloir arrêter.

On a vu que dans ces moments-là, le chien est dans sa bulle et qu’il s’auto satisfait lui-même. Le détourner est alors souvent inefficace et si vous lui demandez de se taire, il risque de redoubler de vocalises car il aura obtenu l’attention que très certainement, il cherche à obtenir.

Dans ces cas-là, ne lui dites rien et quittez la pièce. Laissez-le tout seul. Il est très probable qu’il se taira plus rapidement que si vous restiez près de lui.

Une fois calmé, vous revenez.

S’il se remet à aboyer, vous repartez sans lui parler ni vous exclamer.

L’important (et ce n’est pas toujours facile) est de ne pas céder à l’exaspération que ce type d’attitude engendre. Le chien doit comprendre qu’il perd toute interaction avec vous quand il a ce comportement.

Attention cependant : cette méthode n’est pas à utiliser si les aboiements sont liés à une émotion forte du chien ou à quelque chose que vous pouvez satisfaire. Il n’est pas question de laisser votre animal dans un état de détresse ou dans une situation où il a besoin de vous. Elle est donc à utiliser avec prudence.

Vous êtes au bout de cet article. Bravo à vous si vous avez tout lu !

La gestion des aboiements est compliquée et encore une fois, le travail de rééducation est un chemin long et difficile. Il faut le savoir pour ne pas se décourager.

Rien n’est cependant impossible. Vous devrez vous armer de patience et rester constant dans vos efforts pour ne pas perdre par inattention ou fatigue le bénéfice des progrès enregistrés.

Pour vous aider dans votre travail, j’ai le plaisir de vous offrir un petit tableau de synthèse Causes/Solutions que vous pouvez télécharger en cliquant sous l’aperçu 🎁

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