Le chien de berger

Après une première approche des catégories de chiens par fonctions, cet article s’attache à développer l’histoire, l’évolution, les caractéristiques et l’éducation du chien de berger.

L’accompagnement des humains par le chien de berger remonte à plusieurs siècles. Ses qualités dans la gestion et l’accompagnement des troupeaux a conduit à une sélection rigoureuse de caractéristiques telles que l’intelligence, la loyauté, l’agilité et la prise d’initiatives.

Aujourd’hui, le chien de berger est surtout présent au sein des foyers. Même s’il peut être un bon chien de compagnie, ses prédispositions restent génétiquement installées et expliquent souvent une grande partie de ses comportements. Le savoir permet de comprendre mieux son chien et de prévenir l’apparition de comportements indésirables (pour nous).

Origine et utilité du chien de berger

Jusqu’au XIIIème siècle, les troupeaux étaient gardés par des chiens molosses qui offraient l’avantage d’être puissants et offensifs envers les voleurs et les prédateurs. A l’époque, il est d’ailleurs conseillé :  « Le chien doit être grand, fort et carré »

Le molosse ancêtre du travail du chien de berger
Jusqu’au XIIIème siècle, la garde des troupeaux était assurée par des molosses

A la fin du Moyen-Age, avec l’agrandissement des cheptels et les contraintes de la transhumance, éleveurs et bergers ont remplacé les molosses par des chiens plus rapides et plus agiles pour garder et accompagner les troupeaux d’ovins. Le chien de berger voyait le jour…

 Peu à peu, des races spécifiques de chiens de berger, telles que le Border Collie, le Berger Allemand ou le Berger Australien, ont émergé pour répondre aux besoins particuliers des différentes régions et types d’élevage.

Aujourd’hui plus de 40 races de chiens sont considérées par la Fédération Cynologique Internationale comme relevant de la catégorie « Chien de berger » (voir liste en fin d’article)

Travail demandé au chien de berger

Le travail d’un chien de berger est varié et exigeant. Il requiert des qualités particulières pour s’acquitter efficacement de ses responsabilités.

Ses missions

Le rôle principal d’un chien de berger au travail est de gérer et de contrôler les mouvements des troupeaux. Il est entraîné pour rassembler, diriger puis maintenir les animaux dans endroit donné.

Pour cela, une communication efficace entre le chien et l’éleveur est cruciale. Les signaux visuels, vocaux et parfois des sifflements spécifiques sont utilisés pour transmettre des instructions et des informations entre le chien et son maître.

Les chiens de berger sont également responsables de la protection des troupeaux contre les prédateurs.

Mis en contact avec le bétail dès leur plus jeune âge et vivant parfois dans l’étable, ils développent une forte tendance à la protection de leur cheptel.

Leur présence dissuasive et cet instinct de protection contribuent à maintenir la sécurité des animaux placés sous leur garde.

Les qualités indispensables à l’exercice de ces missions

D’avantage qu’une qualité, c’est la combinaison d’un ensemble de dispositions qui caractérise le chien de berger. Plus cette combinaison est complète, meilleur sera le chien dans l’exercice de ses missions.

  • Intelligence : Le chien de berger est réputé pour sa grande intelligence Elle lui permet d’apprendre rapidement, de comprendre les commandes et de s’adapter à différentes situations sur le terrain.
  • Agilité et vitesse : La capacité à se déplacer rapidement et l’agilité dans les mouvements sont des qualités essentielles. Le chien doit pouvoir répondre efficacement aux changements de direction du troupeau et naviguer à l’aise sur différents terrains
  • Autonomie : Les meilleurs chiens de berger possèdent un instinct naturel de rassemblement et de contrôle des troupeaux. Cet instinct les guide dans leur travail sans nécessiter une surveillance constante. C’est pourquoi ces chiens sont certes très obéissants mais ils doivent aussi savoir faire preuve d’initiatives (si un mouton s’éloigne, le chien doit décider de lui-même d’aller la chercher)
  • Obéissance: La capacité à obéir aux ordres de l’éleveur est essentielle. Les chiens de berger doivent travailler en collaboration étroite avec leur maître pour atteindre les objectifs de gestion du troupeau. Cependant, comme il est expliqué ci-dessus, le berger devra aussi laisser à son animal la possibilité de prendre des initiatives
  • Endurance physique : Le travail en extérieur et la gestion de grands troupeaux exigent une endurance physique importante. Le chien de berger doit pouvoir maintenir son niveau d’énergie sur de longues durées.
  • Adaptabilité : Ces chiens doivent faire preuve d’adaptabilité face à des situations variables, telles que le changement de terrain, la météo et les comportements imprévus du troupeau.

L’évolution du « métier » de chien de berger

De moins en moins de chiens sont utilisés pour l’accompagnement et la garde des troupeaux et ce, pour différentes raisons :

  • Depuis les années 50, l’élevage intensif s’est développé rendant inutile la présence d’un chien auprès des troupeaux confinés à l’étable
  • La raréfaction des troupeaux : près de 60% de la viande ovine est actuellement importée et le métier de berger traditionnel tombe peu à peu en désuétude
  • Les habitudes de vie et les modes d’alimentation changent : beaucoup de personnes sont désormais végétariennes et globalement, les ménages consomment moins de viande.

Certaines catégories de chiens ont été reconverties dans les travail de défense, de maintien de l’ordre ou de sauvetage. Notamment les chiens de berger belge (comme le malinois), particulièrement adaptés à ce type de travail qui nécessite une parfaite obéissance au maître-chien.

Malinois en travail de recherche
Malinois au travail

Mais la « production » de chiens de berger est maintenant principalement destinée à entrer dans les foyers comme animal de compagnie. Des lignées de beauté sont créées dans lesquelles ce sont les caractéristiques physiques et la sociabilité qui sont privilégiées.

Pour autant, on ne peut effacer en quelques dizaines d’années des dispositions qui ont été travaillées durant des siècles et qui ont fini par faire partie du patrimoine de ces chiens. Connaître ces traits de caractère est essentiel à qui souhaite accueillir un chien de berger.

Le chien de berger comme chien de compagnie

On entend souvent dire qu’avoir un chien de berger nécessite de longues heures de promenades actives journalières couplées à des activités intensives comme l’agility ou le canicross.

Certains avancent que le meilleur moyen de rendre son chien heureux est de lui proposer des activités de troupeautage afin de lui permettre de libérer ses instincts naturels.

Si c’était vrai, la grande majorité des chiens de cette catégorie seraient très malheureux au sein de leur famille. Ils développeraient des troubles comportementaux importants et rempliraient les refuges.

Cependant, on ne peut nier que vivre avec un tel chien demande quelques connaissances relatives à sa race et une vigilance sur certains points particuliers.

Faut-il être un grand sportif pour vivre avec un chien de berger ?

Clairement non. Sauf si…

Sauf si, croyant bien faire et persuadé que ce type de chien doit être extrêmement sollicité, on a commencé à lui proposer de très longues et fortes stimulations dès son plus jeune âge.

Le berger étant énergique et résistant, il ne donnera pas de signe de fatigue et deviendra de plus en plus endurant au fil des sollicitations.

On entre alors dans un schéma où le chien ne semble jamais suffisamment dépensé. Du coup, on augmente les temps de balades ou de jeu, on se met à courir avec son chien, à faire de l’agility… Le chien gagne en endurance et en demande encore plus, etc.

Finalement, l’humain est au bout de ce qu’il peut proposer et le chien qui est devenu un véritable athlète n’en a jamais assez.

Si on se réfère au mode de vie des bergers de travail, on note d’ailleurs qu’en dehors des « saisons », les chiens ne font rien de particulier. Ils sont à la ferme et leurs maîtres ont d’autres préoccupations que d’aller faire du cani-vtt tous les jours !

Il appartient aux propriétaires de ces chiens de trouver un juste équilibre entre la sur sollicitation et la satisfaction des besoins de dépenses qui sont tout de même plus importants dans cette catégorie que dans d’autres.

Si vous offrez à votre border collie le même niveau d’activité que votre voisin propose à son carlin, il y aura rapidement un problème qui se traduira par un mal-être de votre chien.

Le meilleur moyen de trouver le niveau d’activité adapté à son chien est de l’observer. Si après une balade d’1h, l’animal est calme et détendu, inutile de faire 2h au motif que « c’est un chien de berger blablabla… »

Il importe aussi de ne pas oublier que ces chiens aiment être mentalement sollicités. A vous les séances de jeu-travail au cours desquelles Snoopy va développer des compétences utiles ou juste funs et satisfaire ainsi son besoin de réflexion.

L’éducation du chien de berger

Tous les chiens doivent recevoir une éducation de base. C’est essentiel pour qu’ils puissent vivre dans la communauté humaine en toute sécurité et avec le maximum de confort pour eux et pour leurs propriétaires.

Les 4 compétences indispensables à acquérir sont :

  • Le rappel
  • Le renoncement
  • L’arrêt sur commande
  • Le retour au calme

Le chien de berger apprend vite. Il ne devrait pas (sauf exceptions) rencontrer de difficulté à intégrer ces principes élémentaires.

travail d'éducation d'un chien de berger
L’éducation de base doit tenir compte des caractéristiques du chien de berger

Au-delà de ces règles de base, les instincts de ce type de chiens doivent faire l’objet d’une attention particulière.

Le long travail de sélection a abouti à obtenir des chiens qui sont très sensibles aux mouvements (ils doivent percevoir de loin un mouton qui s’éloigne du troupeau), qui adorent la poursuite, qui protègent et qui peuvent avoir une tendance à aboyer très facilement.

Si on accueille un chiot, l’idéal est d’anticiper les risques de développement de comportements indésirables tels que la prédation ou la protection de ressources. Le travail éducatif intègrera la prévention de ces comportements.

Si on accueille un chien adulte, une période d’observation attentive et de tests divers sera nécessaire afin de voir si le chien manifeste un ou plusieurs de ces caractéristiques. Le travail de rééducation sera ciblé et un accompagnement par un professionnel peut s’avérer nécessaire.

Quelle que soit la situation, les méthode de travail sont les mêmes : Comme pour tout chien, il est indispensable de travailler dans un climat de confiance et de respect mutuel. On bannit systématiquement tout outil ou attitude visant à faire peur, mal ou à créer de l’inconfort; on utilise ce qui motive le chien et on observe s’il y prend du plaisir.

Pour le berger, le travail au clicker est souvent un véritable plaisir car il donne le champ libre à son besoin de prendre des initiatives et de se dépenser intellectuellement. Le clicker est un petit boîtier qui reproduit toujours le même son et qui valide lorsque le chien propose le comportement attendu. Afin de faire retentir le « clic » et d’obtenir une récompense, le chien réfléchit à ce qu’il doit faire et tente des solutions. Bien sûr le clicker peut être remplacé par un marqueur vocal ou par un autre son, le principe étant que ce marqueur soit toujours le même.

Que penser des jeux de balle ? On entend souvent dire que jouer à la balle avec un chien de berger accentue ses prédispositions à la poursuite, voire à la prédation. Cela peut être le cas si le jeu est désordonné, le chien non cadré et si on laisse se développer une véritable addiction. Mais jouer à la balle avec son chien peut être une excellente façon de lui enseigner des choses. Il faut seulement s’assurer qu’il est capable de s’arrêter à la demande, qu’il n’atteint pas de trop hauts niveaux d’excitation et qu’il prend du plaisir à d’autres stimulations.

Pour conclure, choisir un chien de berger est pertinent si on a bien compris son fonctionnement global ainsi que les avantages et les inconvénients que cette catégorie de chiens présente.

Les centaines d’années d’utilisation de ces animaux comme chiens de travail ont fixé certaines caractéristiques dans leur patrimoine génétique et les comportements associés sont toujours susceptibles de se produire même ceux qui ne sont pas adaptés à un chien de famille.

Pour prévenir ou traiter ces comportements indésirables, il est crucial d’offrir à ces chiens une stimulation mentale et physique adéquate mais pas excessive. Cela comprend des séances régulières d’exercice, des jouets interactifs, une éducation positive et des activités qui répondent à leurs instincts naturels. La socialisation précoce et une éducation cohérente contribuent également à façonner un comportement équilibré.

Les races de chiens de berger reconnues par la Fédération Cynologique Internationale

Aïdi

Bearded collie

Berger allemand

Berger anglais ancestral

Berger australien

Berger belge (Groenendael, Tervueren, Malinois, Laekenois)

Berger de Bergame

Berger blanc suisse

Berger catalan

Berger croate

Berger de Beauce (Beauceron, Bas rouge)

Berger de Brie (Briard)

Berger de Bucovine

Berger de la Maremme et des Abruzzes

Berger de la Serra de Aires

Berger de Majorque

Berger de Mioritza

Berger de Picardie (Berger picard)

Berger de Russie méridionale

Berger des Pyrénées à face rase

Berger des Pyrénées à poil long

Berger des Shetland

Berger des Tatras

Berger hollandais

Berger polonais de plaine

Berger roumain des Carpathes

Bobtail

Border collie

Chien-loup de Saarloos

Chien-loup tchécoslovaque

Colley (à poil court et à poil long)

Kelpie australien

Komondor

Kuvasz

Mudi

Puli

Pumi

Schapendoes néerlandais

Schipperke

Tchouvatch slovaque

Welsh Corgi Cardigan

Welsh Corgi Pembroke

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